Reconversion professionelle

Qui n’a jamais rêvé de « laisser tomber » son travail ? Mais entre frustration et agir il y a souvent un mur fait de peur, doutes, questions ouvertes. La plupart des personnes se résignent et acceptent leur sort avec fatalisme. Jusqu’à ce qu’ils se réveillent un matin, en burnout, dépressif, sans élan vital.

Que faire ? Comment dépasser ce mur de doutes ? Comment trouver un travail qui nous correspond vraiment ? Comment retrouver un sentiment d’autodétermination, de contrôle sur notre vie, de motivation, qui fait avancer et porte nos projets ?

Dans la réalité, un changement de voie professionnelle doit être réfléchi, bien préparé et s’ancre dans une connaissance de soi et du marché. Dans ces conditions, il est souvent le meilleur moyen pour éviter un burnout ultérieur.

Il s’agit de découvrir nos talents et valeurs, nos sources de motivation, de sens dans la vie, ce sont eux qui nous permettent d’exceller dans notre prochain projet professionnel.

L’humain a besoin d’essayer des choses nouvelles, de se développer.

Si vous répondez par l’affirmative à ces 4 questions, vous êtes probablement bien là où vous êtes :

  • Vous êtes entièrement satisfait de votre travail, et le feriez aussi si vous gagniez moins ?
  • Vos conditions de travail vous permettent de faire un travail vraiment excellent ?
  • Vous travaillez de manière autonome, autodéterminé ?
  • Votre travail a-t-il un sens, est-il utile ?

Le sens de ce que nous faisons et l’autonomie sont en effet des motivateurs importants, qui permettent d’éloigner le burnout.

Les gens qui franchissent le pas ont souvent un « déclencheur » dans leur vie : mort d’un proche, maladie, etc. C’est la goutte qui fait déborder le vase.

Mais dans l’idéal, on n’attend pas un évènement traumatisant ou stressant pour agir : nous n’avons qu’une vie.

Vous couper temporairement de vos habitudes, vos routines, vos distractions peut vous aider à trouver la cause pour votre insatisfaction. Un w-e à un endroit où vous n’êtes jamais allé, la méditation etc. peuvent vous permettre de vous retrouver, vous reconnecter à vos intuitions, de clarifier vos pensées.

Il est plus difficile d’envisager une situation de changement comme une opportunité si d’autres prennent la décision à notre place (licenciement par exemple.). Il est toujours mieux de garder un sentiment de contrôle dans sa vie, la perte de contrôle peut être traumatisant. Mais ce n’est pas toujours possible et il faut apprendre à bien vivre ces situations aussi (malgré leur potentiel traumatisant).

Comment trouver une nouvelle identité professionnelle ?

Le premier pas c’est de conscientiser vos forces, vos qualités, vos compétences.

On peut avancer aussi sans reprise d’études, mais sachez que de plus en plus de personnes reprennent les études même passé 50 ans (et même pour des formations longues) : la durée de vie s’allonge, nous restons capables d’exercer une activité professionnelle plus tard dans notre vie, reprendre des études vaut donc le coup.

Selon Seligman (père de la psychologie positive), il y a trois types de travail :

  • le job: on en vit, il remplit une fonction, même sans être motivant
  • la carrière: nous nous engageons dans cette voie parce qu’elle nous permet d’avancer, de passer par différentes « étapes développementales » (on avance dans la hiérarchie ou sur différents postes)
  • la vocation: nous travaillons avec dévouement, au-delà des horaires de travail officiels, trouvons des moyens pour nous améliorer, et feraient ce travail même si nous n’étions pas payés.

Nous devons donc trouver nos talents, ceux qui nous épanouiront professionnellement. Mais la partie intellectuelle de ce travail ne doit pas prendre trop de temps. Un changement de voie professionnel peut prendre plusieurs années, ne passez donc pas trop de temps avec cette étape. Vous devez investir surtout dans le faire.

« Doing comes first, knowing second » (Herminia Ibarra)

Pour trouver notre vocation, James Hillman conseille de s’intéresser à notre enfance (quand étions-nous heureux ? quelles étaient les situations/ activités/ moments où nous étions vraiment épanouis ?). Et de garder à l’esprit que même les évènements traumatiques, douloureux, que vous avez vécu contribuent à une connaissance de soi qui vous permet de trouver votre vocation, là où vous serez épanoui professionnellement.

Il n’y a pas un processus parfait pour trouver sa vocation. Il est plutôt important de développer une capacité à écouter ses voix intérieures, ses intuitions. Il s’agit de trouver vos talents naturels et de faire des essais, et encore plus d’essais et que vous appreniez de vos expériences et alliez chercher du conseil auprès de personnes de confiance.

Il y a des tests qui peuvent vous aider à trouver vos talents

La cité des métiers à Paris propose un certain nombre de tests à faire en ligne (gratuit après obtention d’un ticket sur place)

Parcoureo : http://www.citedesmetiers.fr/ressources/

http://www.citedesmetiers.fr/sorienter/

D’autres tests

StrengthFinder

Via (character test, développé avec l’aide de Seligman)

LIFO life.co

Realise2

Autre question importante : qu’est-ce que vous voulez changer ? Votre métier ? Votre environnement de travail (même type de travail mais dans une autre entreprise / un autre lieu physique, par exemple au fond c’est juste l’open space de votre entreprise que vous ne supportez plus) ?

Quoi qu’il arrive, vous pouvez planifier autant que vous voulez, vous devez agir si vous voulez changer de situation professionnelle. L’analysis-paralysis vous conduira à l’échec. La prise de risque réfléchie, le trial-and-error est le meilleur moyen pour trouver, progressivement, votre voie. Un stage, des entretiens avec des professionnels, peuvent être des bons premiers pas.

Pour faire ces premiers pas concrets, un plan provisoire, des hypothèses, suffisent, vous rectifierez le tir au fur et à mesure que vous avancerez dans votre connaissance de soi. Lancez-vous ! Et évitez de trop écouter les « carrier of concerns », ceux qui ont toujours peur de changer, et se sentiront menacés par votre progrès.

Bibliographie

Galli Zugaro, Stöhr: « Ich bin so frei » 2018

Illustration: Mindfulness on fb